L’extrapreneuriat, une nouvelle façon d’innover en entreprise

L’intrapreneuriat n’a pas attendu de devenir une mode managériale pour s’installer dans certains groupes, en France comme ailleurs. Né il y a quarante ans de l’autre côté de l’Atlantique, ce concept s’est peu à peu imposé comme un terrain fertile pour l’innovation à l’intérieur même de l’entreprise.

Les bénéfices de l’intrapreneuriat ne se limitent pas à une poignée de salariés audacieux : ils irriguent toute la structure. Depuis 2020, de plus en plus d’entreprises s’approprient cette démarche d’entrepreneuriat interne, misant sur un levier à l’efficacité redoutable.

Qu’est-ce que l’intrapreneuriat ?

Si le terme reste discret dans le paysage français, son fonctionnement mérite qu’on s’y attarde. L’intrapreneuriat s’inscrit dans le mouvement de transformation profonde du travail, à la croisée de l’autonomie, de l’innovation, et d’une nouvelle vision du collectif.

Entrepreneuriat… sans sortir de l’entreprise

Associer salariat et entrepreneuriat semble, à première vue, contradictoire. Pourtant, c’est bien là que réside la force de l’intrapreneuriat.

Cette démarche consiste à encourager, au sein de l’organisation, des projets portés par des salariés qui adoptent une posture entrepreneuriale. En clair, l’entreprise offre à ses collaborateurs l’opportunité de piloter des initiatives ambitieuses, tout en leur laissant une marge de manœuvre inhabituelle.

Les intrapreneurs déploient des aptitudes comparables à celles des chefs d’entreprise : créativité, gestion de budget, animation d’équipes, capacité à prendre des risques. Pour les collaborateurs comme pour leur employeur, cette approche s’avère particulièrement stimulante.

Un concept venu des années 70

L’entrepreneuriat interne n’est pas une lubie récente. Dès les années 1970, Gifford Pinchot, homme politique américain, en théorise les principes.

Mais il a fallu attendre que les cadres commencent à quitter massivement leur poste pour créer leur propre activité pour voir l’intrapreneuriat revenir sur le devant de la scène. Face à ce désir de liberté et d’indépendance, la tentation de l’entrepreneuriat attire, chaque année, davantage de salariés. Les reconversions vers des métiers manuels ou artisanaux ne sont plus marginales : elles traduisent ce besoin de sens au travail.

L’intrapreneuriat propose une alternative : conjuguer la sécurité du statut salarié avec l’aventure entrepreneuriale, sans renoncer à son poste. Les entreprises l’ont compris et s’en emparent.

De nombreux grands groupes se sont lancés dans l’intrapreneuriat, avec des résultats probants. Certains succès planétaires, comme Gmail ou les célèbres Post-it, sont nés de cette philosophie.

En France, la RATP, La Poste, ou encore le Crédit Agricole ont misé sur cette dynamique pour renouveler leurs offres et leur organisation.

Les bénéfices de l’intrapreneuriat pour l’entreprise

Pour les salariés, l’intrapreneuriat ouvre la possibilité de bâtir un projet personnel, de renforcer leur autonomie, d’élargir leurs responsabilités, tout en préservant la stabilité de leur emploi. Mais les entreprises y gagnent aussi, et pas qu’un peu.

Trois axes majeurs expliquent l’engouement croissant pour l’intrapreneuriat.

Retenir les talents

En premier lieu, l’intrapreneuriat agit comme un puissant levier de fidélisation des collaborateurs à fort potentiel.

En donnant la possibilité aux salariés d’assouvir leur envie de création, sans sacrifier leur sécurité, l’entreprise évite de les voir partir développer leur propre structure. C’est une bouffée d’air pour ceux qui étouffent dans un cadre trop rigide.

Stimuler l’innovation et la compétitivité

L’intrapreneuriat dynamise l’innovation et multiplie les perspectives de croissance. Explorer de nouveaux projets, identifier des marchés inédits, tester des idées hors des sentiers battus : autant d’opportunités que l’entreprise peut saisir grâce à ses intrapreneurs.

Les effets sur la productivité sont tangibles : les collaborateurs impliqués acquièrent de nouvelles expertises et s’investissent pleinement. Cette dynamique contribue aussi à améliorer le climat au sein de l’organisation.

Soigner l’image et l’attractivité

L’intrapreneuriat revitalise l’image de l’entreprise, la rendant plus agile et séduisante.

À une époque où l’esprit d’initiative attire, cette démarche attire les profils en quête de sens, notamment parmi les jeunes diplômés. L’entreprise, en s’ouvrant à l’innovation participative, se positionne comme un employeur moderne, à l’instar de ceux ayant adopté le télétravail.

Comment instaurer l’intrapreneuriat dans votre organisation ?

Adopter l’intrapreneuriat ne s’improvise pas.

Il ne s’agit pas de laisser chaque salarié faire cavalier seul, mais de bâtir collectivement un cadre clair, en cohérence avec la stratégie globale.

Mettre en place l’intrapreneuriat requiert préparation, anticipation, et vision partagée.

Avant de se lancer, il convient de clarifier plusieurs points :

  • Quelles méthodes pour repérer et mobiliser des intrapreneurs ?
  • Comment structurer leur accompagnement ?
  • Quels processus pour valider les projets proposés ?
  • Quelles modalités de communication interne privilégier ?

Définir précisément tous les aspects liés aux projets d’intrapreneuriat est indispensable avant d’embarquer les premiers volontaires.

Le lancement d’un programme d’intrapreneuriat nécessite ensuite un suivi régulier. Les collaborateurs ne doivent pas se retrouver sans repères.

Il est recommandé de prévoir une phase d’ajustement, le temps que chacun trouve sa place dans ce nouveau cadre. Rapidement, l’équilibre se crée et les bénéfices deviennent palpables, pour les salariés comme pour l’entreprise.

À retenir pour ancrer l’intrapreneuriat dans votre structure

Voici les points clés à garder en tête pour concrétiser durablement l’intrapreneuriat :

  • L’intrapreneuriat donne aux collaborateurs l’opportunité de porter des projets innovants sans quitter leur entreprise.
  • Il limite la fuite des cadres vers l’entrepreneuriat et stimule l’autonomie et l’initiative.
  • Des groupes majeurs, en France et à l’international, se sont emparés de ce modèle avec succès.
  • La réussite de l’intrapreneuriat passe par une préparation minutieuse et un accompagnement adapté.

Ouvrir la porte à l’intrapreneuriat, c’est choisir de transformer ses équipes en force motrice, prête à inventer l’entreprise de demain. Qui sait jusqu’où un projet interne peut emmener votre organisation ?

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