Sciences Po ne laisse pas de place à l’improvisation. L’école s’impose comme l’une des plus convoitées du pays, et chaque année, le concours agit comme un filtre redoutable. Pour prétendre y entrer, il ne suffit pas d’avoir de bons bulletins : il faut se préparer, viser juste, et comprendre les étapes qui mènent de la terminale aux bancs de l’institution.
Qui peut s’inscrire au concours du premier cycle ?
Face à une sélection impitoyable, certains choisissent de suivre une préparation aux concours de Sciences Po afin d’augmenter réellement leurs chances d’intégrer cette école très disputée. Avoir un dossier solide ne laisse aucune place au hasard.
Le concours du premier cycle de Sciences Po s’adresse exclusivement aux élèves de terminale. Une seule tentative possible : si l’essai n’est pas concluant, impossible de retenter sa chance l’année suivante. C’est la règle du jeu.
Depuis 2021, avec l’arrivée d’une nouvelle réforme, ce sont les résultats scolaires des trois années de lycée qui pèsent désormais le plus lourd dans la sélection finale.
Dans ce contexte, la stratégie consiste à bâtir un dossier cohérent dès la seconde, en anticipant chaque étape du parcours. Attendre la terminale pour s’y mettre, c’est déjà courir après le temps.
Quand et comment s’inscrire au concours Sciences Po ?
Désormais, tout se passe via Parcoursup. Depuis 2020, les inscriptions se font exclusivement sur la plateforme nationale, pilotée par les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur.
L’inscription au concours se déroule lors de la formulation des vœux, entre la deuxième quinzaine de janvier et la première quinzaine de février. À cette occasion, chacun sélectionne l’un des dix Instituts d’Études Politiques (IEP) : Paris, Bordeaux, Lille, Aix, Rennes, Strasbourg, Toulouse, Saint-Germain-en-Laye, Lyon ou Grenoble.
Vœu validé ? Il s’agit alors de constituer le dossier : bulletins, lettres, justificatifs et autres pièces sont exigés, sans oublier de régler les frais d’inscription, fixés la plupart du temps à 150 € pour les candidats non boursiers.
Comment se passe l’admission à Sciences Po ?
Depuis la réforme de 2021, le concours ne compte plus d’épreuves écrites. Toute la sélection repose sur le parcours au lycée, pris en compte dès la classe de seconde.
Pour mieux saisir ce qui attend chaque candidat, voici les quatre fondements de l’admission :
- Entretien oral : c’est la dernière étape, l’occasion de convaincre un jury grâce à un discours solide, une vraie motivation et une capacité à défendre son projet.
- Contrôle continu du lycée : chaque trimestre de la seconde à la terminale compte ; les notes, les avis des professeurs et la progression font la différence. La régularité et le sérieux sont scrutés à la loupe.
- Dossier de candidature : ici, engagement, ambitions et originalité sont passés au crible. Il s’agit de se démarquer quand tout le monde affiche des bulletins similaires.
- Résultats du bac : obtenir le baccalauréat ne suffit plus, seules d’excellentes performances permettent de se distinguer parmi les milliers de postulants.
Les différentes épreuves du concours de Sciences Po
Depuis 2021, le concours repose principalement sur l’oral après la terminale, une rupture radicale avec le fonctionnement passé. Faire un détour par l’histoire permet de mesurer cette évolution.
Avant la réforme, l’accès à Sciences Po se faisait en deux étapes : admissibilité d’abord, admission ensuite.
L’admissibilité se jouait au fil de trois épreuves écrites redoutables, chacune durant quatre heures :
- Une dissertation sur un thème de culture générale (histoire, philo, économie),
- Un commentaire ou une explication de texte littéraire ou scientifique,
- Une composition centrée sur l’analyse des grands enjeux contemporains.
Cette batterie d’épreuves mesurait précisément les connaissances et la capacité à raisonner sur des sujets d’économie, de sociologie ou d’histoire.
Arrivée à la phase d’admission, deux nouvelles épreuves écrites attendaient les candidats :
- Un exercice de langue vivante, au choix parmi huit langues (anglais, allemand, arabe, chinois, espagnol, russe, italien),
- Une épreuve thématique adaptée au parcours choisi (Sciences Po Paris propose à l’heure actuelle sept filières distinctes).
Le processus d’admission exigeait rigueur et polyvalence dans plusieurs disciplines.
Avec la réforme de 2021, la sélection s’écarte des savoirs purement théoriques. Désormais, motivation réelle, personnalité, cohérence du projet et engagement citoyen priment : l’évaluation va au-delà du bulletin de notes.
Les conseils pour réussir le concours de Sciences Po
Se hisser parmi les admis à Sciences Po n’a rien d’automatique. La concurrence est rude, même pour les élèves au parcours déjà solide. Plusieurs leviers sont à mobiliser afin d’optimiser ses chances :
- Se tenir informé de l’actualité internationale, lire la presse, aiguiser son regard critique. L’oral peut parfois révéler des questions inattendues, tirées de faits majeurs.
- Soigner son expression écrite et orale : rapidité, clarté, qualité de l’argumentation. Toutes ces compétences sont scrutées dès la constitution du dossier.
- Progresser en langues vivantes, en veillant à s’exercer aussi bien à l’oral qu’à l’écrit. Les langues gardent un poids réel dans le concours.
- Construire une base solide en économie, en sociologie et en histoire contemporaine, indispensables pour développer une pensée nuancée.
- Éveiller et entretenir sa curiosité en sciences sociales, histoire, philosophie, et élargir ses lectures autour des grands débats qui secouent nos sociétés.
Ces pistes ne servent pas uniquement à décrocher l’entretien, elles pèsent aussi lors de la discussion avec le jury, qui observe si chaque profil sait sortir des sentiers battus, argumenter, défendre son angle de vue ou expliquer ses choix.
Se présenter au jury en étant préparé, lucide sur son parcours et fidèle à ses valeurs reste une force. Pour ceux qui bâtissent leur chemin avec méthode, détermination et engagement, la porte reste ouverte. Sciences Po ne sélectionne pas des clones, mais des personnalités prêtes à s’emparer des débats, aujourd’hui comme demain.


